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Jan22
Posted By Isabelle

 

Si l'inceste affecte profondément la victime, il l’a rend aussi « malade de la famille ». Dans ces conditions comment perpétuer la vie, lui donner un sens, rompre la transmission de la perversion, comment construire sa famille? Pour la première fois en France, la parentalité des victimes d'’inceste va faire l’'objet d'’un congrès international. Nombreuses sont les victimes à ne pas devenir parents, nombreuses sont celles qui subissent leur parentalité et nombreuses aussi sont celles qui en font un atout majeur de reconstruction. Comment envisager de devenir parent alors que nos repères familiaux ont été vidés de sens? Comment aimer son enfant lorsque l’'on n'’est plus capable de s’'aimer soi-même? Comment concilier désir d'enfant, relations conjugales, sexualité en souffrance, lorsqu'en plus la peur de ne’ pas être à la hauteur ou de reproduire l'inceste est présente? Pour ceux qui donnent la vie, se poseront toujours les questions des limites de l'expression de l’'amour envers l’'enfant et de la place de cet enfant dans la famille incestueuse d'’où il vient. Quand l’'enfant devient une raison de vivre, une raison de survivre à l’'inceste, quand la victime décide d'’être responsable d’'une vie qu'elle protégera, être parent peut lui fournir les meilleures raisons de se rétablir, de rompre la chaîne de l’'inceste, quitte à se détourner de sa famille d'’origine pour créer «Sa famille». Plusieurs recherches réalisées en France, au Canada et en Israël seront exposées et ponctuées de témoignages de survivants. L'objectif est d'apporter des éléments de réponse aux victimes qui deviendront parents ou pas, de favoriser la mise en relation des professionnels et acteurs du champ médico-social. Ceci afin de permettre un meilleur accompagnement des survivants non parents et des survivants parents, avant, pendant et après la grossesse, tant sur le plan médical que sur le plan social et psychologique.